J’ai accordé ma guitare, huile sur toile que j’ai peinte en 2015, mesure 93 cm de haut pour 65 cm de large, un format vertical, vendu sans cadre. Sur la fiche courte de cette œuvre, j’ai écrit : « Accorde-toi à mon cœur, j’ai pleuré mais l’aube fraîche a lavé ma peine et ce soir nous danserons pour narguer la grande faucheuse et ses démons ». C’est ce passage du chagrin à la danse que j’ai voulu peindre, avec une guitare comme seul instrument de cette traversée.

Cette huile sur toile de moyen format relève, comme le reste de mon travail, de la peinture abstraite : rien n’y figure une guitare de façon littérale, mais chaque forme porte une part de l’instrument et du sentiment qu’il traverse.
Ce que montre j’ai accordé ma guitare
Sur cette toile verticale, deux grandes formes orange se dressent en haut, comme deux pétales ou deux mains ouvertes, séparées et reliées à la fois par un fin trait pourpre. En dessous, une forme jaune très allongée descend jusqu’au bas du tableau, évidée en son centre par un ovale sombre qui ressemble à la caisse d’un instrument à cordes. C’est cette forme jaune, avec son ouverture centrale, qui donne son titre au tableau : elle porte la silhouette d’une guitare sans jamais la dessiner littéralement.
Le fond, d’un vert bleuté profond, tient toute la composition et fait ressortir l’orange et le jaune avec une intensité presque solaire. En bas de la forme jaune, un fragment turquoise et un rouge sombre viennent rompre la continuité de la couleur, comme une dissonance introduite volontairement dans un accord par ailleurs harmonieux.
Ce que je retiens de cette composition, c’est son mouvement vertical ascendant : le regard part du bas, de cette caisse sombre qui évoque le son qui va sortir de l’instrument, puis remonte vers les deux formes orange du sommet, comme deux notes qui s’élèvent après avoir été jouées. C’est un trajet inverse de celui du Premier jour, qui se lit horizontalement, et ce choix de sens de lecture n’est pas anodin : ici, il s’agissait de monter, de sortir d’un chagrin plutôt que de traverser un espace.
Le trait qui cerne les formes reste fin et continu, dans le style que je pratique sur l’ensemble de la collection Joie de vivre, mais il se resserre particulièrement autour de l’ovale sombre au centre de la forme jaune, comme pour souligner ce point d’origine du son que j’ai voulu représenter au cœur du tableau.
Je n’ai pas cherché à peindre un instrument reconnaissable entre tous, plutôt l’idée de résonance qu’il porte. Une guitare qu’on accorde avant de jouer, c’est un instrument qu’on prépare à sonner juste, et c’est cette préparation, plus que le jeu lui-même, que cette peinture abstraite tente de rendre visible à travers la tension entre les formes orange du haut et la caisse jaune du bas.
La matière et le geste
Cette huile sur toile a été peinte par couches successives, le fond vert bleuté posé en premier puis les grandes formes orange et jaune superposées une fois cette base sèche. La matière est plus chargée sur les formes orange du haut, plus fine et plus transparente sur le jaune, ce qui laisse deviner, par endroits, une légère variation de teinte du fond en dessous.
J’ai travaillé le format vertical de cette toile en gardant à l’esprit la nécessité de faire tenir ensemble deux mouvements opposés : la stabilité du fond sombre et l’élan ascendant des formes claires. Le trait de cerne, posé au pinceau fin, a demandé plusieurs passages pour rester net sur toute la hauteur des 93 cm de la toile, en particulier sur les courbes de la forme jaune qui se resserre et s’élargit tour à tour.
Je peins généralement mes formats verticaux en les redressant tôt dans le processus, pour vérifier que l’équilibre entre le haut et le bas de la composition tient une fois la toile accrochée au mur plutôt que posée à plat sur ma table de travail.
Le vernis final protège la surface tout en gardant sa légère matité sur le fond vert bleuté, alors qu’il accentue un peu plus la brillance des oranges du sommet. Cette différence discrète de finition entre le haut et le bas de la toile accompagne, sans la souligner lourdement, l’idée de montée que porte toute la composition de cette huile sur toile.
Le format vertical de 93 x 65 cm
Avec ses 93 cm de haut pour 65 cm de large, j’ai accordé ma guitare occupe une surface d’environ 6 045 cm², la deuxième plus grande de ce lot de huit tableaux après le mètre carré de Jazzy one. Son rapport hauteur sur largeur, proche de 1,4, en fait un format nettement vertical, ce qui convient à un sujet centré sur une seule forme montante plutôt que sur une composition étalée.
Ce format vertical se distingue des formats plus carrés ou plus horizontaux du reste du lot : il impose un accrochage entre deux hauteurs de meuble, sur un mur assez haut pour laisser respirer la toile au-dessus et en dessous. C’est un format que je réserve souvent aux sujets qui portent en eux une idée de montée ou de dépassement, comme c’est le cas ici.
Ce moyen format reste maniable pour la plupart des intérieurs, ni trop imposant comme peut l’être un mètre carré, ni trop discret comme un petit tableau de bureau. Ses 65 cm de large lui permettent de trouver sa place entre deux fenêtres ou au-dessus d’un meuble bas, dans un couloir ou une chambre, sans exiger le grand mur dégagé que réclame une toile de plus grand format.
Sa place dans la collection Joie de vivre
J’ai accordé ma guitare appartient à la collection Joie de vivre, une série où je peins ce qui, dans une existence, permet de continuer malgré les épreuves. C’est l’une des toiles les plus ouvertement autobiographiques de la série sur le plan du sentiment : la phrase que j’ai écrite pour l’accompagner parle d’un chagrin traversé et d’une danse retrouvée, un mouvement qu’on retrouve, sous une autre forme, dans Instant suspendu, où un enfant bascule doucement vers le sommeil.
Peinte en 2015, la même année que Le premier jour, cette toile partage avec elle une gamme de couleurs chaudes posées sur un fond profond, mais le format vertical et le sujet plus intime la distinguent nettement. Là où le premier jour déroule un trajet horizontal collectif, j’ai accordé ma guitare concentre son énergie sur une seule forme qui monte.
Dominique Joyeux, c’est le nom que je signe au bas de cette toile, peinte seule dans mon atelier de Saint-Aunès, sans reproduction ni tirage possible : chaque exemplaire de mon travail reste unique.
Je reviens souvent, dans la collection Joie de vivre, à l’idée que la musique console sans effacer ce qu’elle console. J’ai accordé ma guitare porte cette idée dans son titre même : accorder un instrument, avant de jouer, c’est déjà accepter de continuer.
Dans l’ensemble de la collection Joie de vivre, cette huile sur toile occupe une place particulière parce qu’elle nomme directement un instrument de musique, alors que Jazzy one évoque le jazz sans jamais désigner un instrument précis. Les deux toiles partagent pourtant la même conviction que la musique porte quelque chose que les mots seuls ne disent pas complètement, et cette peinture abstraite en est, pour moi, l’une des expressions les plus personnelles de tout le lot.
Dominique Joyeux, je signe ainsi chaque toile de la collection Joie de vivre, et cette signature engage la même exigence sur j’ai accordé ma guitare que sur les autres pièces de la série : aucune reprise par une autre main, aucune retouche après la vente, seulement l’état de la toile tel qu’il sort de mon atelier de Saint-Aunès.
La couleur jaune qui domine la partie basse de la toile revient dans plusieurs pièces de la collection Joie de vivre, toujours associée à une idée de chaleur ou de lumière retrouvée après un moment plus sombre. Sur j’ai accordé ma guitare, elle occupe la plus grande part de la surface peinte, ce qui en dit long, je crois, sur la place que je donne à l’espoir dans cette toile précise, une place plus large que celle du chagrin qu’elle raconte pourtant en premier lieu, comme si la couleur elle-même avait choisi son camp avant que la composition ne soit terminée, dès les premières couches posées sur le fond vert bleuté.
Dominique Joyeux, une peintre venue d’ailleurs
Je suis née en 1951 à Poitiers. Avant de peindre, j’ai été psychothérapeute puis professeure de lettres, deux métiers qui m’ont appris à regarder longtemps avant de conclure. J’ai vécu en Guadeloupe, à Wallis, puis en Corse, et je vis aujourd’hui à Saint-Aunès, dans l’Hérault, où se trouve mon atelier.
Mon travail a voyagé jusqu’à Gênes, Paris, Barcelone, Venise, au bord du lac de Côme et à Miami. En 2016, l’Institut Européen des Arts Contemporains m’a remis sa médaille d’argent. Ma cote figure au répertoire i-CAC sous le numéro 017/308, consultable sur i-cac.fr, qui référence les artistes contemporains cotés en France.
Je peins par séries, parce qu’une idée de forme ou de couleur me demande plusieurs toiles pour se dire entièrement. Joie de vivre en est une : elle rassemble les tableaux nés d’un même élan, celui de raconter ce qui, dans une vie, tient debout malgré tout et donne envie de continuer.
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Questions fréquentes
Quelles sont les dimensions de J’ai accordé ma guitare ?
J’ai accordé ma guitare mesure 93 cm de haut pour 65 cm de large.
Sur quel support J’ai accordé ma guitare est-il réalisé ?
Une huile sur toile, peinte en 2015.
L’œuvre est-elle vendue avec un cadre ?
Non, j’ai accordé ma guitare est vendue sans cadre, en toile nue sur châssis.
J’ai accordé ma guitare est-il une pièce unique ?
Oui. Je ne réalise pas de tirage ni de copie de mes tableaux : chaque toile est unique et je ne la peins qu’une fois.
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