Musica huile sur toile mesure 50 x 60 cm et date de 2023. Sur un fond bleu très pâle, des formes rouges, vertes et jaunes se dispersent sans se toucher, comme des notes éparpillées sur une partition. La phrase que j’ai écrite pour cette toile est un souhait plus qu’une description : « Que ma guitare t’emmène vers des moments heureux. »
Ce que montre Musica, huile sur toile
Le fond est peint dans un bleu pâle presque blanc, et c’est sur ce fond clair que se détachent une dizaine de formes indépendantes, réparties sans grille apparente sur toute la surface. En haut à gauche, une forme verte en goutte, cerclée d’un anneau rouge en son centre, ressemble à une tête d’instrument ou à une clé de sol simplifiée.
À côté, un ensemble plus complexe mêle rouge, jaune et vert dans une silhouette allongée qui rappelle la caisse d’une guitare vue de profil, avec des courbes qui s’enroulent les unes dans les autres. Plus à droite, une forme rouge en croissant, une autre en pointe verte, semblent des fragments détachés d’un même instrument imaginaire.
La partie inférieure de la toile regroupe deux ensembles plus denses : à gauche, une forme en éventail jaune, rouge et vert qui se referme comme une aile repliée, et à droite, une masse ronde où les trois couleurs s’entrelacent en pointes triangulaires, ponctuée de petits cercles rouge et orange qui évoquent des boutons ou des touches.
Aucune de ces formes ne représente une guitare de façon littérale, mais leur silhouette courbe, leurs pincements et leurs renflements évoquent la caisse d’un instrument à cordes. C’est cette suggestion, jamais une description exacte, qui donne son titre musical à la toile.
La dispersion des formes sur le fond bleu pâle n’est pas aussi aléatoire qu’elle en a l’air : les formes les plus grandes et les plus colorées se regroupent plutôt vers le bas du tableau, tandis que le haut reste plus aéré, avec des formes plus petites et plus espacées, ce qui donne une légère sensation de gravité à l’ensemble.
Le rouge revient dans presque toutes les formes, parfois en masse dominante, parfois en simple accent, ce qui crée un fil conducteur discret d’une forme à l’autre malgré leur dispersion sur toute la surface du tableau.
Le vert, lui, n’apparaît qu’à deux ou trois endroits précis, toujours en petite quantité, comme une note plus rare au milieu d’une mélodie dominée par le rouge et le jaune. Cette rareté du vert le rend d’autant plus repérable quand l’œil tombe dessus en parcourant la toile, un peu comme une note isolée qu’on remarque justement parce qu’elle revient moins souvent que les autres dans la partition, presque comme un accent posé là pour rompre une répétition trop prévisible du rouge et du jaune sur l’ensemble de toute la surface peinte de la toile.
La matière et le geste
J’ai peint Musica à l’huile, avec des formes cernées d’un trait noir net qui les isole clairement les unes des autres sur le fond bleu pâle. Chaque forme est un aplat unique, sans dégradé interne, ce qui donne à la toile une lisibilité presque graphique malgré la complexité de certaines silhouettes.
Le choix de disperser les formes plutôt que de les regrouper en une seule masse centrale traduit une intention rythmique : je voulais que l’œil saute d’une forme à l’autre, comme l’oreille saute d’une note à l’autre dans une mélodie, sans point de repos unique où se fixer.
Le fond clair, presque vide par endroits, joue un rôle actif dans la composition : ces espaces blancs entre les formes fonctionnent comme des silences dans une partition, aussi importants que les formes colorées elles-mêmes.
J’ai construit Musica comme on compose une courte pièce musicale, en posant une forme, puis une autre, sans plan d’ensemble fixé à l’avance. Chaque nouvelle forme répondait à celle qui la précédait, un peu plus loin sur la toile, jamais collée à elle.
Le fond bleu très pâle est resté volontairement discret : je voulais que les formes rouges, vertes et jaunes semblent flotter librement, sans grille ni alignement, comme des notes qui n’obéiraient à aucune mesure régulière. C’est cette liberté de placement qui donne son rythme particulier à la toile.
Certaines formes rappellent des instruments par leur silhouette, d’autres restent purement abstraites : je n’ai jamais cherché à peindre une guitare reconnaissable, seulement à en suggérer l’esprit par des courbes qui s’enroulent et des couleurs qui chantent entre elles.
Composer une toile faite de formes dispersées, sans masse centrale ni point de convergence unique, demande une discipline différente de celle des compositions plus resserrées : il faut veiller à ce que la dispersion elle-même reste équilibrée, sans qu’une zone du tableau paraisse plus chargée qu’une autre sans raison.
Le moyen format de cette toile a joué un rôle important dans cet équilibre : un format plus grand aurait rendu les espaces vides trop importants, un format plus petit aurait tassé les formes les unes contre les autres. Ce format précis laisse à chaque forme sa propre respiration tout en gardant l’ensemble lisible d’un seul coup d’œil.
Je n’ai pas cherché à peindre une guitare reconnaissable dans cette toile, seulement à en garder l’esprit dans la courbe de certaines silhouettes. Cette liberté m’a permis de laisser chaque forme évoluer un peu au-delà de son point de départ, jusqu’à ce qu’elle trouve sa place définitive dans l’ensemble dispersé du tableau.
Le format
Musica mesure 50 cm de haut sur 60 cm de large, soit une surface de 0,3 m², un moyen format légèrement horizontal avec un rapport largeur sur hauteur de 1,2. Ce format compact convient à une composition faite de petites formes dispersées plutôt qu’à une masse unique qui aurait demandé plus d’espace pour se déployer.
Dans la collection Joie de vivre, ce format se situe parmi les moyens formats, entre les toiles rondes de 50 et 60 cm de diamètre et les grands formats horizontaux comme celui de Résonances. Les dix formes environ qui composent Musica occupent ensemble un peu moins de la moitié de la surface peinte, le reste étant laissé au fond clair qui structure les intervalles entre elles.
Sa place dans la collection Joie de vivre
Musica appartient à la collection Joie de vivre, peinte en 2023, la même année qu’Ouvrir l’espace. Les deux toiles partagent un fond clair et une construction en formes cernées de noir, mais Ouvrir l’espace organise ses bras en rayonnement autour d’un centre là où Musica disperse ses formes sans point de convergence unique.
Le thème musical de cette toile trouve un écho direct dans Les voix d’or, où des bouches ouvertes suggèrent des voix qui chantent : dans les deux cas, je cherche à représenter le son par des formes, sans jamais dessiner l’instrument ou la voix de façon littérale. Musica reste, dans cette sélection, la toile la plus légère et la plus éparse en composition.
Musica huile sur toile occupe, dans mon travail, la place d’une peinture abstraite légère, presque aérienne, à l’intérieur du moyen format que je réserve à ce type de composition dispersée. J’aborde la collection Joie de vivre avec le sentiment que Musica en est l’une des pièces les plus ludiques.
Une peinture abstraite construite comme un jeu de formes plutôt que comme une masse organisée. Ce moyen format convient bien à l’esprit léger de la collection Joie de vivre, où Musica occupe une place particulière, entre les grands formats plus denses et les toiles rondes plus resserrées.
Ce moyen format, plus modeste que les grands formats de cette sélection, correspond bien à l’esprit dispersé de Musica : une peinture abstraite qui occupe tout un mur aurait imposé une présence que je ne cherchais pas ici. La collection Joie de vivre a besoin, je crois, de ces respirations en moyen format entre des pièces plus imposantes, et Musica joue précisément ce rôle, une peinture abstraite qui se regarde de près, presque comme une partition qu’on déchiffrerait forme après forme.
Qui je suis
Je suis née en 1951 à Poitiers. Avant de peindre, j’ai été psychothérapeute puis professeure de lettres, deux métiers d’écoute qui ont nourri ma manière de regarder les formes et les couleurs. Mon parcours m’a conduite en Guadeloupe, à Wallis, puis en Corse, et je vis et je peins aujourd’hui à Saint-Aunès, dans l’Hérault.
Mes toiles ont voyagé jusqu’à Gênes, Paris, Barcelone, Venise, le lac de Côme et Miami, et l’Institut Européen des Arts Contemporains m’a remis sa médaille d’argent en 2016. Ma cote i-CAC porte le numéro 017/308, que l’on peut consulter sur i-cac.fr, aux côtés de celles de nombreux artistes contemporains.
Dans la collection Joie de vivre, je retrouve un principe qui traverse tout mon travail depuis mes débuts : des aplats de couleur franche, cernés d’un trait sombre qui tient la forme comme un vitrail tient son verre. Ce vocabulaire, je l’ai construit toile après toile, et il se déplace d’une série à l’autre sans jamais se répéter tout à fait. Chaque tableau qui quitte mon atelier est une pièce unique, signée et accompagnée de son certificat d’authenticité ; je n’en tire ni copie ni reproduction numérotée.
Pour toute question sur cette toile ou sur le reste de mon travail, écrivez-moi à contact@dominiquejoyeuxart.com.
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Quelles sont les dimensions exactes de Musica ?
Musica mesure 50 cm de haut sur 60 cm de large, pour une surface de 0,3 m², peinte à l’huile sur toile en 2023.
Que représente Musica ?
Une dizaine de formes abstraites rouges, vertes et jaunes dispersées sur un fond bleu pâle, sans instrument ni figure dessinés de façon littérale.
Pourquoi un moyen format pour cette composition dispersée ?
Un format plus grand aurait rendu les espaces vides entre les formes trop importants, alors que ce moyen format garde à Musica sa légèreté et sa lisibilité d’ensemble en un seul coup d’œil.







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